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La 4ACG Normandie et région parisienne : entretien avec les élèves du lycée André Maurois d’Elbeuf, en Seine-Maritime

jeudi 21 mai 2026, par Michel Berthélemy , Jean Riboulet

Par Jean Riboulet, ancien appelé et intervenant

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Le jeudi 30 avril 2026, comme les années précédentes, la 4ACG était invitée par les professeurs du lycée André Maurois, dont Florence Rochais qui assure le contact avec nous, pour une rencontre avec les élèves de 4 classes, deux en fin de matinée et deux en début d’après-midi.

La première rencontre se fit avec deux classes de terminale générale et fut suivie d’un déjeuner à la cantine du lycée. Après le repas, un second face à face eut lieu avec deux classes de terminale HGGSP Le programme d’HGGSP en Terminale s’articule autour de 4 grands thèmes : Thème 1, de nouveaux espaces de conquête ; Thème 2, faire la guerre, faire la paix, formes de conflits et modes de résolution ; Thème 3, histoire et mémoires ; Thème 4, identifier, protéger et valoriser le patrimoine, enjeux géopolitiques.

Stanislas Hutin et Michel Berthélemy se sont excusés de ne pouvoir être présents pour des raisons de santé.

Véronique Chapelle, fille d’un ancien rappelé et membre de l’association), Jean Riboulet (ancien appelé), Abdelati Laoufi (fils d’un résistant maquisard du FLN.), Agnès Riboulet (membre de l’association), tous les quatre répondirent aux questions des élèves préparées à l’avance.

Ces questions (1) montrèrent l’intérêt intense et sérieux que ces jeunes avaient pour l’Histoire coloniale et cette guerre à laquelle des jeunes âgés de 20 ans et plus (presque leur âge) ont participé. On la leur avait imposée. Certains d’entre eux comme le papa de Véronique y ont perdu la vie. En tant que membre du CA, Véronique a présenté l’association puis elle a insisté sur l’amitié entre les peuples, l’absence de haine et de rancœur envers le peuple algérien et notre désaccord avec l’Etat Français qui a mené cette guerre.

D’autres, comme Jean, ont fait connaître l’action militaire exécrable par des courriers clandestins à la jeunesse communiste dont il faisait partie. Il a également évoqué avec Véronique, la place des femmes, mères, épouses et fiancées, sœurs qui sont intervenues contre cette guerre. L’exemple principal cité fut leur décision d’empêcher les trains au sud de Lyon et au Havre de partir vers Marseille et de retarder ainsi le départ des navires vers l’Algérie, en se couchant sur les rails des voies ferrées.

Quant à Abdelati, il expliqua la volonté des Algériens d’origine de lutter fermement contre la colonisation éprouvée depuis l’invasion en 1830. Son père, membre du FLN (Front de Libération National) a été arrêté par l’armée française et a subi des tortures que des unités militaires (parachutistes, Légion étrangère…) et d’autres encore, utilisaient très souvent. Ceci a provoqué chez Abdelati une grande colère pendant son adolescence. Quand il est arrivé en France quelques années plus tard, le calme est revenu grâce aux contacts amicaux qu’il a eus avec des militants de "Témoignage Chrétien" et d’autres du Parti Communiste Français qui l’appelaient "Camarade".

Agnès n’a pas vécu la guerre d’Algérie dans sa chair, elle a été témoin auprès de son mari du traumatisme longtemps vif des personnes qui revivent les violences et les horreurs de la guerre, traumatisme qui ressurgit devant ce qui se passe en Ukraine et au Moyen-Orient. Les jeunes générations doivent être vigilantes, agir et tout faire pour la Paix, dans tous les conflits.

Les élèves ont montré l’intérêt qu’ils portaient à cette période de l’Histoire de l’Algérie par le sérieux avec lequel ils posaient leurs questions. Par l’intensité de leur écoute, ils attendaient visiblement la véritable histoire, y compris politique, de cette colonisation. Jean précisa le changement des noms algériens des villages locaux par des noms français comme Descartes nommé Ben Badis avant la colonisation, Bossuet nom donné au village de Daya et même Victor-Hugo dont le nom remplaça celui d’un centre de population nommé Beni Maïda. Nombreuses sont les localités qui ont subi ces changements de noms. Tous ces villages ont retrouvé leurs noms d’origine après la fin de la guerre d’Algérie en 1962.

Voilà ce qui devrait devenir coutumier dans de nombreux établissements scolaires en France afin que la véritable histoire pénètre les esprits et soit gravée dans le présent et l’avenir par sa réalité, la vérité, comme la résistance d’un peuple face à toute sorte d’invasion et permettre des relations humaines pacifiques.

Merci à cette jeunesse, à leurs professeur.e.s et à leur hiérarchie.

Jean Riboulet

(1) Un aperçu des questions posées par les élèves

Candice - Quels sont les souvenirs que vous avez de votre vie avant le début du conflit ?
. Quand avez-vous pris conscience que votre vie allait changer pour une longue période (et
indéterminée) ? Comment y avez-vous réagi ?
. Le fait de vivre un tel conflit vous a-t’il fait changer votre perception de la guerre et
comment ?
. Comment s’est passée/avez vous vécu votre retour à la vie “normale” après autant années de
tension ?

Lenaëlle - Avez vous adopté des habitudes durant la guerre si oui lesquelles ?
A quel moment vous êtes vous dit que ça commençait à être grave ?

Slanie - Quel moment de la guerre vous a le plus marqué et pourquoi ?
. Comment cette expérience pendant la guerre a-t-elle changé votre façon de voir le monde
aujourd’hui ?
. Pensez-vous que cette guerre est aujourd’hui bien comprise par les nouvelles générations

Chloé - Y a-t-il un moment précis dont vous vous souvenez encore très clairement aujourd’hui ?
. Pourquoi celui-ci ?
. Qu’est-ce qui vous a le plus surpris ou choqué pendant cette période ?

Célia - Avez-vous dû faire des choix difficiles pendant cette période ?
. Où étiez-vous pendant la guerre ?
. Quel âge aviez-vous à ce moment-là ?
. Comment la guerre a-t-elle commencé pour vous personnellement ?
. Selon vous, pourquoi est-il important de se souvenir de cette guerre ?
. Pensez-vous que cette guerre est suffisamment enseignée ?
. Avant la guerre, comment voyiez-vous la situation en Algérie ?
. À quel moment avez-vous compris que la situation devenait une guerre ? Pour vous est-ce qu’elle
avait commencé avant ?
. Comment avez-vous vécu l’indépendance de l’Algérie en 1962 ?
. Qu’est-ce que vous aimeriez qui soit mieux expliqué dans le milieu scolaire ?
. Après la fin officielle de la Guerre d’Algérie, avez-vous eu le sentiment que la violence s’arrêtait
vraiment ?
. Comment avez-vous vécu le passage de la guerre à une vie quotidienne plus "normale" ?
. Est-ce que vous avez mis en place certaines choses, personnellement, pour réussir à reprendre une
vie normale après la guerre ?
. Comment receviez-vous les informations sur la guerre à l’époque ? Aviez-vous confiance en ce qui
était dit ?
. En quoi la guerre changeait-elle concrètement votre quotidien (école, travail, déplacements…) ?
. Est-ce que le conflit était visible partout, ou certaines personnes vivaient-elles presque
“normalement” malgré la guerre ?
. Comment la guerre se déroulait-elle dans votre région (combats, présence militaire, zones
contrôlées…)

Marine - Comment avez-vous vécu votre quotidien pendant cette dernière ?
. Quel est le souvenir le plus marquant que vous gardez de cette période ?
. Pensez-vous que cette guerre est suffisamment enseignée ou comprise aujourd’hui ?
. Qu’est-ce que les jeunes d’aujourd’hui devraient absolument savoir sur cette guerre ?

Augustin - Que pensez-vous du tabou autour de la guerre d’Algérie en France ?
. Que pensez-vous des relations actuelles entre la France et l’Algérie

Candice - Quel souvenir de là-bas reste le plus présent dans votre mémoire aujourd’hui, et pourquoi ?
. Si vous deviez nous expliquer pourquoi cette guerre a eu lieu, qu’est-ce que vous nous
diriez en premier ?
. Quel message aimeriez-vous nous transmettre sur cette période, pour que nous l’oublions pas et que cela n’arrive pas de nouveau ?

Maëlis - Quel était votre ressenti avant le déclenchement des hostilités ? y avait-il des signes avant coureurs ?
. Comment à évolué votre opinion sur l’issue du conflit ?

Sara - Avez-vous été témoin de violences ou d’événements marquants ?
. Comment la guerre a-t-elle changé votre vie après 1962 ?
.Que pensez-vous que les jeunes doivent retenir aujourd’hui de cette guerre ?

Nahel - Quel sentiment a-t-on lorsqu’on vit un évènement tel que la guerre d’Algérie et de
savoir que l’on fait partie des acteurs majeurs de l’indépendance de sa nation ?
. Est-ce qu’il vous est arrivé de penser que cette guerre était vaine ou bien étiez-vous intimement convaincu qu’il n’était qu’une question de temps avant la victoire finale ?

Anaëlle - Comment viviez-vous le quotidien pendant ce conflit ? Aviez-vous peur ou au contraire aviez-vous l’habitude de cette situation ?
. Que voudriez-vous que les jeunes de notre âge comprennent absolument de cette guerre ?
. Aujourd’hui pensez-vous encore beaucoup à cette guerre ou au contraire le temps a un peu effacé
les images et les souvenirs ?

Maélys - Y a-t-il un moment où votre vision de la guerre a complètement changé ?
. Qu’est-ce qui vous semble le plus difficile à expliquer aux personnes qui n’ont pas vécu cette
période ?


Voir en ligne : Rencontre autour de la guerre d’Algérie

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