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La reconnaissance de la Palestine n’arrêtera pas le génocide à Gaza - les sanctions contre Israël le feront
mardi 12 août 2025, par
Par Gideon Levy. Haaretz, dimanche 3 août 2025
Proposé par Luc-Michel Mazenq, dimanche 10 août 2025.
La reconnaissance européenne de la Palestine est un geste creux qui permet à Israël de s’en tirer à bon compte. Sans sanctions pour arrêter le massacre à Gaza, ce n’est pas de la diplomatie, c’est de la complicité
La reconnaissance internationale d’un État palestinien récompense Israël, qui devrait remercier tous les pays qui le font, car cette reconnaissance sert d’alternative trompeuse à ce qui doit réellement être fait, à savoir imposer des sanctions.
La reconnaissance est un substitut erroné aux boycotts et aux mesures punitives qui devraient être prises à l’encontre d’un pays qui perpétue un génocide. La reconnaissance est un discours creux que les gouvernements européens hésitants et faibles utilisent pour montrer à leur public enragé qu’ils ne se taisent pas.
Reconnaître un État palestinien, qui n’existe pas et n’existera pas dans un avenir proche, voire jamais, est un silence honteux. Des gens meurent de faim à Gaza, et la réaction de l’Europe est de reconnaître un État palestinien. Cela sauvera-t-il les Gazaouis affamés ? Israël peut ignorer ces déclarations avec le soutien des États-Unis.
On parle d’un "tsunami" diplomatique en Israël, tout en sachant qu’il n’atteindra pas les côtes israéliennes, tant que la reconnaissance ne s’accompagne pas de l’imposition d’un prix pour le génocide.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer, l’un des premiers à reconnaître la Palestine dans la vague actuelle, après la France, s’est surpassé. Il s’est empressé de qualifier sa démarche de punition (conditionnelle), remplissant ainsi son devoir. Si Israël se comporte bien, a-t-il promis, son doigt agité sera retiré.
De quelle sorte de punition s’agit-il, Monsieur le Premier ministre ? Si la reconnaissance de la Palestine favorise une solution, selon votre conviction, pourquoi la présenter comme une sanction ? Et s’il s’agit d’une mesure punitive, où se trouve-t-elle ?
C’est ainsi quand la peur de Donald Trump s’abat sur l’Europe et la paralyse, quand il est clair que quiconque imposera des sanctions à Israël le paiera. Le monde préfère pour l’instant une fête verbale. Les sanctions sont bonnes quand il s’agit d’invasions russes, pas israéliennes.
L’action de Starmer a conduit de nombreux autres à lui emboîter le pas, ce qui est présenté en Israël comme un glissement de terrain diplomatique, un tsunami. Cela n’arrêtera pas le génocide, qui ne sera pas stoppé sans mesures concrètes de la part de la communauté internationale. Celles-ci sont d’une urgence insoutenable puisque les tueries et la faim intense qui sévit à Gaza se poursuivent.
La reconnaissance n’aboutira pas non plus à la création d’un État. Comment la dirigeante des colons Daniella Weiss s’est-elle exprimée un jour, après une précédente vague de reconnaissances ? "J’ouvre ma fenêtre et je ne vois pas d’État palestinien". Elle n’est pas près d’en voir un non plus.
Dans l’immédiat, Israël bénéficie de cette vague de reconnaissances parce qu’elle se substitue à la punition qu’il mérite. À long terme, la reconnaissance d’un État imaginaire peut présenter un certain intérêt, puisqu’elle soulève la nécessité de trouver une solution.
Mais il faut faire preuve d’un optimisme et d’une naïveté insensés pour croire que la reconnaissance est encore pertinente. Il n’y a jamais eu de pire moment ; reconnaître aujourd’hui, c’est comme si l’on sifflait dans le noir. Les Palestiniens sont sans dirigeants et les dirigeants israéliens ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour empêcher la création d’un tel État et ils y sont parvenus.
C’est bien que le 10 Downing Street veuille un État palestinien, mais tant que Jérusalem ne le veut pas, avec la colonie extrémiste d’Yitzhar qui détruit les propriétés palestiniennes et se renforce avec Washington qui soutient aveuglément Israël, cela n’arrivera pas.
Alors que la droite israélienne est au sommet de son pouvoir et que le centre israélien vote à la Knesset pour l’annexion et contre la création d’un État palestinien, alors que le Hamas est l’entité politique la plus forte dont disposent les Palestiniens et que les colons et leurs aides sont l’organisation la plus forte en Israël, de quel État palestinien parlons-nous ? Où se situerait-il ?
Une tempête dans une tasse de thé. Le monde remplit son devoir pendant qu’Israël détruit et affame. Le plan de nettoyage ethnique préconisé par le gouvernement israélien se concrétise d’abord à Gaza. On ne peut imaginer de pires conditions pour se lancer dans des rêves de création d’un État.
Où serait-il établi ? Dans un tunnel creusé entre Yitzhar et Itamar ? Existe-t-il une force capable d’évacuer des centaines de milliers de colons ? Laquelle ?
Existe-t-il un camp politique qui se battrait pour cela ?
Le mieux serait de prendre d’abord des mesures punitives concrètes, obligeant Israël à mettre fin à la guerre - l’Europe en a les moyens - et de mettre ensuite à l’ordre du jour la seule solution qui reste : une démocratie entre la Méditerranée et le Jourdain ; une personne, un vote. Apartheid ou démocratie. A notre grand dam, il n’y a plus de troisième voie.
Gideon Levy
Traduction DeepL
P.-S.
• Publié dans Haaretz le 3 août 2025.
https://www.haaretz.com/opinion/202...
[English] Opinion | Recognizing Palestine Won’t Stop the Genocide in Gaza – Sanctions on Israel Will
https://europe-solidaire.org/spip.p...
Édité par G C
Voir en ligne : Opinion | Recognizing Palestine Won’t Stop the Genocide in Gaza – Sanctions on Israel Will
4ACG Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami.e.s Contre la Guerre