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Il y a 70 ans, un Oradour-sur-Glane en Algérie

mercredi 13 mai 2026, par Michel Berthélemy

Source : Mediapart

Dans son Billet de Blog daté du 4 mai 2026, Edwy Plenel signale sur Mediapart la sortie du livre « Un massacre en Kabylie » de Safia Kessas et Fabrice Riceputi, Ce livre-enquête (éd. La Découverte), révèle l’ampleur d’un crime de guerre commis par l’armée française le 23 mai 1956, il y a exactement 70 ans.

Extraits de la préface

Prolongement d’une enquête menée pour Mediapart pendant l’été 2025, l’ouvrage « révèle un massacre colonial commis le 23 mai 1956, pendant la guerre d’Algérie, dans trois villages de Kabylie où des unités de l’armée française assassinèrent impitoyablement, durant quelques heures, le temps d’une petite journée, toute une population civile, pacifique et désarmée, par représailles préméditées contre un maquis indépendantiste tout proche ».

Ce jour-là, soixante-quinze villageois ont été assassinés, mais l’enquête révèle qu’à ces crimes, s’ajoute celui des violences sexuelles et des viols en tant qu’armes de guerre. Nombre de femmes furent en effet violées. Selon le mot rapporté par un témoin , « les femmes qui nous plaisent, on les baise, les hommes qui nous plaisent pas, on les tue ».

Cet Oradour algérien n’est certes pas une exception dans la longue histoire de la conquête et de la colonisation. N’en déplaise aux négationnistes de tout poil qui aujourd’hui encore, se manifestent à la moindre occasion pour glorifier l’oeuvre civilisatrice de la France, ce massacre n’est pas un cas isolé. Il s’est même répété un nombre incalculable de fois, tant il était devenu habituel tout ai long de la colonisation et de la guerre d’indépendance.
Les auteurs font remarquer que, là comme ailleurs, les victimes n’étaient pas toujours des combattants, mais des montagnards, des paysans dont la mémoire vive constitue la trame et la « chair » du récit. La démarche de nos deux historiens est novatrice dans la mesure où ils vont chercher le matériau historique au plus près de ceux qui en ont été les victimes ou les témoins directs. Ce que Plenel appelle un « archivage oral d’une mémoire populaire de la guerre d’Algérie, dans le sillage des travaux pionniers de Claire Mauss-Copeaux, qui documenta un massacre similaire, commis à Oudjehane dans le Constantinois, à la même époque ».

L’importance capitale de « l’archivage oral » est aujourd’hui démontrée par la création par Fabrice Riceputi, en collaboration avec Malika Rahal, du site 1000autres.org fondé sur une « histoire participative », et consacré à la recherche des disparus de la Bataille d’Alger.

Associant enquêtes de terrain et recherches aux archives, confrontant les réalités du premier aux découvertes des secondes, Malika Rahal et Fabrice Riceputi renouvellent ainsi la démarche historienne et l’ouvrent à de nouvelles perspectives.

Publié en France par La Découverte et en librairie à partir du 7 mai, « Un massacre en Kabylie » est également publié en Algérie chez Barzakh.

Lire la série Algérie 1956 : enquête sur un massacre en Kabylie
https://www.mediapart.fr/journal/do...

NDLR
La lecture des articles de la Série Algérie 1956 est réservée aux abonné·es

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