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En Algérie, une maison d’édition fermée en raison d’un livre sur l’héritage juif du pays

dimanche 26 janvier 2025, par Michel Berthélemy

Les éditions Frantz Fanon avaient publié un essai sur « L’Algérie juive », préfacé par la romancière franco-israélienne Valérie Zenatti, à laquelle se sont attaqués nombre d’internautes algériens.

Par Frédéric Bobin – Le Monde Afrique – 23 janvier 2025

La maison d’édition Frantz Fanon, l’une des plus dynamiques en Algérie ? 150 titres à son catalogue en dix ans – est fermée depuis le 14 janvier, un cran supplémentaire dans le resserrement de l’étau autour de la scène intellectuelle du pays. Ce jour-là, le wali (préfet) de Boumerdès a fait apposer sur la porte de l’établissement, domicilié dans cette ville située à une cinquantaine de kilomètres à l’est d’Alger, des scellés assortis d’une affichette portant une justification singulière. La fermeture – elle est censée durer six mois – a été décidée, dit le texte, en raison de l’édition d’un « livre dont le contenu porte atteinte à la sécurité et à l’ordre public ainsi qu’à l’identité nationale et colporte un discours de haine ».
Le livre litigieux a pour titre L’Algérie juive. L’autre moi que je connais si peu, un essai signé de l’écrivaine franco-algérienne Hédia Bensahli et dont l’ambition est de porter à la connaissance du public les traces de judéité qui traversent l’histoire de l’Algérie, à rebours du récit officiel sur son homogénéité arabo-musulmane. Paru en septembre 2023, l’essai n’avait pas soulevé trop de difficultés au début de son parcours éditorial. Tout au plus, le patron des éditions Frantz Fanon, Amar Ingrachen, avait-il été invité par les services de sécurité lors du Salon international du livre d’Alger (SILA), fin octobre 2023, à retirer une affiche promotionnelle…

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Messages

  • Je ne connais ni la Maison d’édition, ni l’auteure du livre, ni la préfacière mais pour moi être israélienne ou Israélien ne justifie pas une censure. Lorsque j’ai travaillé en Palestine j’ai rencontré des Israéliens qui, comme Michel Warschawski, préfacier d’un de mes livres, ne mériteraient la censure d’aucun pays arabe.
    Déserteur lors de la guerre d’Algérie et enseignant à Aïssat Idir (Tunisie) pour le GPRA, je me suis promis de ne pas me mêler publiquement de la politique algérienne et je m’y suis tenu. L’Algérie est libre, on s’est battu pour ça, et ce n’est pas aux Français ou à moi à choisir ses modes de fonctionnement.
    Une seule fois, je me suis permis d’exprimer mon désaccord lorsque, avec l’appui de tout l’Occident, le gouvernement algérien s’en est pris à ce que les Algériens étaient alors réellement favorables aux Islamistes. Les démocraties aiment bien annuler un vote quand le peuple vote mal. C’était une folie face à un enracinement religieux de ne pas tenir compte du résultat d’une élection.
    Pour conclure et c’est l’essentiel pour moi. Je m’opposerais toujours à ceux qui condamnent l’Autre POUR CE QU’IL EST ET NON PAS POUR CE QU’IL FAIT.

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