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4ACG. Occitanie. Compte rendu de la réunion du 19 septembre 2020
mercredi 7 octobre 2020, par , , ,
COMPTE-RENDU RÉUNION 4ACG DU 19/09/20 EN OCCITANIE

Réunion tenue chez Rémi Serres en présence du président de la 4ACG François-Xavier Ricard, de Robert Siméon, ami de la 4ACG et membre d’une association de réfractaires : au total participaient 28 anciens appelés et amis, hommes et femmes sur 62 adhérent-e-s en Occitanie.
L’Assemblée générale, prévue fin mars, n’a pu se tenir aussi ces réunions régionales servent à préserver les contacts parmi les adhérent-e-s . Une réunion a déjà eu lieu en Normandie, d’autres sont programmées dans différentes régions .
Après un tour de table de présentation de chacun, les sujets abordés sont pour la plupart déjà communiqués suite à la réunion préparatoire chez Rémi Serre.
Rencontre avec l’historien Benjamin Stora
Une délégation de la 4ACG composée de six personnes dont le Président, quatre anciens appelés, une amie et un réfractaire a récemment rencontré l’historien Benjamin Stora.
Le Président de la République lui a confié une mission visant d’une part à recenser ce qui a été réalisé, depuis soixante ans, pour contribuer, faciliter et aider au rapprochement des peuples français et algériens, d’autre part à fournir des préconisations pour avancer dans ce sens.
Au cours de l’entrevue B. Stora a conservé la parole la plupart du temps. La délégation n’a pu intervenir que de manière courte et fragmentée. Les sujets prévus comme le problème des archives et la création d’un office franco-algérien de la jeunesse n’ont pas été abordés. La 4ACG lui fera parvenir des documents sachant que son rapport doit être très rapidement bouclé.
B. Stora prévoit de le diffuser, quel que soit l’usage qu’en ferait le président de la République.
Il avait reçu des messages divers très hostiles, plus réservés du côté de la droite, mais il garde une certaine amertume du peu d’encouragement reçu de la gauche.
Quelques prises de position sur le sujet.
La 4ACG a certainement son mot à dire y compris avant la sortie du rapport sans illusion sur sa portée. Si l’État ne s’empare pas du sujet, car à ce jour B Stora n’est pas rémunéré n’ayant ni budget ni collaborateur dédié, la 4ACG peut continuer le travail de mémoire engagé de façon autonome. Par exemple alors que Macron avait promis un accès ouvert aux archives, ils s’avèrent qu’elles restent encore très fermées. Nous n’avons pas la même démarche, à son niveau la 4ACG ne travaille pas sur le terrain politicien mais à la réconciliation entre les peuples.
Étudier le contexte historique depuis l’époque des comptoirs sous Louis XIV jusqu’à la guerre d’Algérie, nous conduit entre autres à considérer le rôle des intérêts privés commerciaux et politiques qui ont marqué dès le début de la colonisation les relations avec l’Algérie. Apprendre que jusqu’en 1954 le peuple algérien demandait reconnaissance, dialogue et négociations toujours refusés par les autorités françaises, savoir que juste après l’indépendance de nombreux jeunes coopérants français volontaires se sont investis sur place pour aider le pays .
B. Stora ne semble pas se faire beaucoup d’illusions : ce qui lui importe, c’est de poursuivre la connaissance des faits. Nous avons acté de sa mission, nous réagirons en fonction du contenu de son rapport.
C’est le métier des historiens que d’écrire l’Histoire, ce n’est pas le métier de la 4ACG.
Le cœur de nos activités à promouvoir, ce sont nos relations avec les Algériens, les voyages, les rencontres, les interventions dans les établissements scolaires, les projections du film « Retour en Algérie », et le site, consulté environs 300 fois par jour. Il s’agit que ces activités soient diffusées également en Algérie afin d’y faire connaître notre association.
Une information sur l’histoire de l’Algérie, fait partie de notre témoignage. D’autant plus lorsque nous intervenons auprès d’un jeune public souvent peu ou mal informé sur la guerre d’Algérie.
Que nous puissions répondre à la question « comment en est-on arrivés là ? », alors que nos relations avec l’Algérie ont connu aussi de nombreuses démarches de négociations, des expressions de bonne volonté et des coopérations, qui n’ont malheureusement pas abouti.
Le travail dans les commissions :
Plusieurs commissions à thème fonctionnent au sein de la 4ACG : projets, voyages, contre la guerre, jeunesse, archives, et un groupe de travail sur l’avenir de la 4ACG.
Sur une proposition de Danièle Champeaux, un autre groupe de création très récente, s’est doté d’une rubrique et d’un blog sur le site de la 4ACG. Il a pour thème « le rôle des femmes durant la guerre d’Algérie » où certaines grandes voix, Simone Veil, Gisèle Halimi, Germaine Tillion, comme celles des résistantes algériennes, et d’autres moins connues, se sont faites entendre. Le but est de collecter leurs expressions et de les faire connaître. Sans oublier les témoignages portés dans notre association par les mères, les épouses, les filles et toutes les femmes en parenté ou proches de nos amis appelés ou réfractaires.
Deux questions principales sur la guerre d’Algérie se posent au travers les travaux de ces commissions : quel est l’héritage et quel enseignement en retenir ? quels en sont les retentissements dans notre actualité ?
Commission contre la guerre
Pour y répondre trois axes de travail sont développés en particulier par cette commission :
- une réflexion sur l’état d’urgence, instauré en 1955 par la IVe République, que l’on retrouve régulièrement dans la vie politique française ; le dernier en date est l’état d’urgence sanitaire par lequel certaines prérogatives juridiques deviennent alors des dispositions décidées depuis le ministère de l’Intérieur : restrictions de certaines libertés (réunion, circulation…) .
- une vigilance accrue du côté de certaines formes de violences policières. En héritage souvenons-nous de ces pratiques qui ont sévi tant en Algérie qu’en France pendant les années de guerre. L’actualité nous engage à être extrêmement vigilants envers toutes formes de violences, ou de militarisation des sociétés actuelles.
- l’opposition à la mise en place discrète du SNU (service national universel) illustré par un tract publié sur le site de la 4ACG. Il est préférable de retrouver des jeunes dans des associations, plutôt que dans des ambiances militarisées. La 4ACG se joint au collectif contre le SNU qui se met en place en Haute-Garonne, à l’image du collectif national déjà
existant, regroupant des syndicats, des partis politiques et des associations.
Comment concevoir les engagements des militants de la 4ACG qui souvent isolés en province s’interrogent sur leur légitimité à y associer l’association ?
La question se pose quant au soutien voire à la participation au titre de notre association à des manifestations ou des pétitions dont les motivations s’apparentent à nos fondamentaux et à l’héritage issu de la guerre d’Algérie.
Le Président souligne que cette question très générale est à traiter au cas par cas. Les adhérents de la 4ACG sont tout à fait capables de s’associer à de telles manifestations ou démarches locales, soit en se déclarant en tant qu’adhérent·e, soit au nom de la 4ACG. François-Xavier suggère que ce point puisse être pris en charge par Marlène Tuininga, responsable de la Commission contre la guerre et membre du CA.
Le groupe Avenir
Pour rappel la double page publiée dans le n° du mois de juin 2020 de « La lettre de la 4ACG », pages 5 et 6, « Regards vers l’avenir », base pour un débat collectif.
Au cours d’une réunion sur le Larzac le groupe Avenir{}a préparé une intervention destinée à l’A.G 2020 afin de déterminer nos orientations futures.Il propose entre autres de confier les archives à des historiens, d’engager une ouverture plus grande vers le peuple algérien et d’approfondir la question des jeunes. Il est important que ces réflexions individuelles fassent l’objet d’ un débat collectif lors de notre prochaine AG.
L’héritage est là, qu’en faisons-nous ? Comment les amis peuvent-ils se fédérer autour d’un projet ?
L’avenir s’envisage aussi sous un angle juridique. Le CA avait convenu de présenter à l’AG de mars 2020, un projet de nouveaux statuts avec l’idée de fondre les deux collèges, collège des anciens appelés et celui des amis. Créant ainsi une association où tous les membres ont les mêmes droits et devoirs. La prochaine AG devrait se tenir en mars 2021, elle peut être remise en cause suivant la tournure des événements sanitaires.
Aidé d’un conseil juridique, le président a travaillé la rédaction de nouveaux statuts. Une fois confirmé, ce texte sera soumis aux membres du bureau, puis aux membres du CA.
Actuellement et statutairement, seuls les anciens appelés peuvent voter la modification des statuts. La proposition du président au CA est donc d’organiser une AG extraordinaire avant la fin de cette année, au risque de ne pas avoir le quorum. Dans ce cas, le vote peut être soumis lors d’une seconde assemblée générale extraordinaire sans que le quorum soit requis. Nous pourrions ensuite organiser des élections par correspondance.
Comment pérenniser l’association ?
Soit par la création rapide d’une nouvelle association, avec un nouveau nom en précisant ses objectifs, puis y transférer l’argent et dissoudre la 4ACG, soit conserver la 4ACG modifiée par de nouveaux statuts, avec une évolution du CA.
Il est possible aussi de créer statutairement la nouvelle association tout en différant son adoption effective. Le président actuel ne souhaite pas conduire seul l’une ou l’autre de ces démarches qui supportent de lourds projets.
Un débat s’est engagé sur ces questions. Si l’évolution de l’association se conçoit, certains sont opposés au changement de nom, souhaitant aussi garder la référence historique du reversement de la pension des anciens combattants. D’autres proposent des modifications à l’appellation suggérée par le groupe avenir en défendant la notion de « pour la paix » au lieu de « contre la guerre »
Quelle légitimité ?
Nombreux, parmi ceux qui s’engagent pour l’avenir, s’interrogent sur la légitimité à porter le message des anciens combattants. Il s’agit de témoigner de leurs vécus en garantissant la transmission des valeurs, de l’histoire et de la symbolique choisie par les fondateurs.
Cette légitimité peut se concevoir en faisant appel aux témoignages écrits présentés sous forme de livret, ce qui est en voie de réalisation bien que les textes soient de formes très hétérogènes. À ce propos il est fait référence au dernier livre de Raphaëlle Branche « Papa qu’as-tu fait en Algérie ? ». L’ouvrage relate les témoignages d’appelés, certains de la 4ACG, et les courriers échangés avec les familles. Soixante ans après les faits, comment se transmet la mémoire ? s’interroge l’auteure.
La réalisation de courtes séquences vidéo à thème avec les anciens appelés pourrait compléter le panel de témoignages authentiques et directs à l’exemple du film « Retour d’Algérie ».
Penser l’avenir de notre association c’est tenir compte des évolutions qui ont eu lieu en Algérie depuis l’indépendance. Alors que les générations suivantes ont subi la décennie noire et que les mouvements actuels de l’Hirak traduisent le besoin général de démocratie en particulier chez les jeunes.
Comment faire pour dire non lorsque tout nous pousse à accepter ?
Au moment où les régimes autoritaires s’affirment, où monte le fascisme, où les guerres civiles sévissent ainsi que toute forme de violence comment ne pas se référer dans cette actualité brûlante au vécu de nos amis réfractaires et des appelés qui ont su réagir et dénoncer les exactions atroces en pleine guerre d’indépendance. Ainsi fait que vivent leurs témoignages, et que s’affirme notre légitimité.
À noter le regret de n’avoir pu traiter tous les sujets souhaités faute de temps alors que cette réunion s’est déroulée dans ambiance chaleureuse, avec une forte participation aux débats, en présence de 28 adhérents sur 62 que compte l’Occitanie, dont certains sont venus de loin.
Un grand merci à Rémi, à Eric qui a réalisé entre autres l’enregistrement, et à tous ceux qui nous ont accueilli. Tout était prévu pour assurer une fois de plus une réunion fraternelle, rencontre d’autant plus réconfortante que les échanges au cours du repas se sont animés autour d’un consistant cassoulet tarnais bien apprécié.
Rédacteurs : Bernard Bessac, Nils Balanche
4ACG Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami.e.s Contre la Guerre